Vous avez décidé de confier votre texte à un professionnel. Vous vous demandez néanmoins si ça en vaut vraiment la peine, et, après avoir sélectionné deux ou trois noms en ligne et fait des demandes de devis, vous tombez des nues : c’est sacrément cher, une correction ! Quel investissement !
Dans le lot, vous avez quand même dégoté une personne qui œuvre pour bien moins cher que les autres et votre porte-monnaie s’en contenterait bien… Méfiance ! Il est possible que cette personne n’ait aucune connaissance des fondements de notre métier et qu’elle vous retourne un travail approximatif. Ou qu’elle se borne à passer un logiciel de correction sur votre texte, ce qui ne lui prendra que peu de temps… mais sera également aléatoire et insuffisant. Ou encore, qu’elle travaille à un rythme bien trop rapide pour ne pas laisser passer un trop grand nombre d’erreurs. Autre éventualité : cette personne ne dort jamais et peut donc se permettre de corriger vingt-trois heures par jour, avec le sourire, tout en restant rentable 😉. Dernière solution : corriger n’est pour elle qu’un moyen de gagner un peu d’argent de poche. En agissant ainsi, elle précarise les professionnels qui cherchent, de plus en plus difficilement, à en vivre. Vous voilà dans ce cas face au dilemme de la bourse et de la conscience ⚖💔. (J’entends bien entendu que certaines évidences économiques ne laissent pas ce choix.)
La réalité est la suivante : il existe un rythme « moyen » de correction, qui est de 8 000 signes espaces comprises de l’heure en préparation de copie et de 12 000 en première relecture. Cela lorsque le texte ne présente ni difficultés particulières, ni vérifications multiples, ni erreurs trop nombreuses. Mais pour toutes ces raisons, ce rythme peut rapidement s’effondrer. Une correction prend donc beaucoup de temps ! ⏳
Alors, combien est facturée cette heure de travail, et que cache-t-elle ? Pour ma part, je travaille pour 25,20 € de l’heure. Faites un calcul pour un mois de travail, et vous penserez immédiatement que c’est plus qu’acceptable ! Je n’ai donc aucune raison de me plaindre, je gagne grassement ma vie ! Mais ce n’est aucunement le cas : cette somme représente un chiffre d’affaires et non un salaire !
Quelques explications :
– Je n’effectue que rarement une journée de correction complète ; quelques heures quotidiennes, non rémunérées mais indispensables, sont toujours consacrées à la communication, à la prospection, aux échanges par email ou par téléphone, au travail administratif.
– L’Urssaf prélève environ un quart de mes revenus.
– J’ai des charges diverses : achat d’ouvrages spécialisés, formations éventuelles, site internet, CFE, achat et entretien du matériel (ordinateur·s, téléphone).
– En tant que travailleuse indépendante, je n’ai ni mutuelle, ni congés payés, ni aucun avantage en nature.
– Quand je ne travaille pas (vacances, maladie, absence de mission), je ne gagne rien. Je suis conséquemment censée me créer une trésorerie pour couvrir ces moments de vide.
Tous ces éléments et charges grèvent amplement le revenu initial.
En facturant mes prestations à ce tarif, je cherche à vivre décemment, rien de plus.
En acceptant de payer ce tarif, vous m’encouragez à vous offrir un service de qualité.
Oui, une prestation de correction a un coût, surtout pour vous qui vous apprêtez à investir cette somme. Pour vous donner un ordre d’idées, la préparation de copie d’un texte de 200 pages (300 000 signes espaces comprises) coûte environ 1 000 euros pour un peu moins de 40 heures de travail. Si vous vous décidez à sauter le pas, vous saurez désormais ce que cette prestation recouvre.
